titre trabendo

Dernière mise à jour : Dimanche 6 novembre 2016

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bracelet

setlist

Début concert : 20h16
Fin concert : 22h33
Durée du concert : 2h17

01 - Un homme + un homme (coulisses)
02 - Sur la route
03 - Prends ce que tu veux
04 - Ma guitare est une femme
05 - Anna
06 - J'suis parti de chez mes parents
07 - Facile
08 - Un peu de ton amour
09 - Ploum ploum
10 - Pourquoi n'essaies-tu pas ?
11 - Seul 21h
12 - Laisse tomber
13 - Les Ils et les Ons
14 - Le garçon d'ascenseur
15 - Le bout du rouleau (Acoustique)
16 - Ordinaire
17 - La laisse 21h28
18 - Jour contre jour
19 - Ex-Robin des Bois
20 - Serrez
21 - Le temps
22 - Les dunes
23 - Juste un autre genre

Rappel 1 (22h11)

24 - Electric cité
25 - In Paris

Rappel 2 (22h22)

Mini solo Richard
26 - Tu vas me manquer

affiche



attente



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on se souvient

 

affiche- De l'histoire du concert : le 28 juillet sur le Facebook de locataires message de Jean-Louis :
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fbDe nombreux fans étaient sceptiques, mais intrigués. Le bruit courait de plus en plus en octobre. La newsletter des Insus du 26 octobre a fini de les convaincre :). Avec une belle affiche réalisée par l'artiste Miss Tic. Et un joli clin d'oeil des Insus pour notre site ! Merci !

place

- Même système de réservation qu'en juin pour l'Olympia : places mises en vente 1 semaine avant (le 28/10), exclusivement sur le site de GDP. Dans le but de limiter le marché noir, des mesures très spéciales sont prises et précisées sur le site de GDP, les places sont exclusivement nomitatives, réservations limitées à 4 places, retirées sur présentation d'une pièce d'identité, les bracelets ne pourront être retirés que le jour même. Pour rentrer il faudra le bracelet fermé autour de votre poignet + la place. Prix de la place : 34€50.

affiche gdp bracelets


- Des balances entendues de dehors : "Sur la route", "Prends ce que tu veux", "Electric cité", "Ma guitare est une femme", "Ploum ploum", "Facile", "Le garçon d'ascenseur" (3 fois), "Les dunes", "Le taxi-las", "Au bout du rouleau", "Quelqu'un va venir". Voir quelques bouts en vidéos sur Facebook ici

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- Du concert : des Injoués, des titres peu souvent joués, ou jamais joués pendant la tournée. Pari tenu ! Aucun tube joué ce jour là. 11 nouveaux titres encore "injoués". Les fans en majorité leur criaient régulièrement des morceaux. Parmi les setlists récupérées par les spectacteurs du soir, celle du milieu avec les numéros de pages du book que Jean-Louis avait devant lui posé sur un pupitre. Sylvain Coppin, son road guitares, lui amenait le book ouvert à la bonne page le posait sur le pupitre et il reprenait en partant l'autre book, pour la chanson d’après il refaisait la même manipulation...
"Quelqu'un va venir" bien que répété aux balances n'a pas été joué (Richard était déjà parti...)

setlist

- De nombreuses discussions entre les morceaux, pour présenter les titres, pour rappeler le concept des injoués, des dédicaces à droite et à gauche : juste avant "Prends ce que tu veux" : Je dédie ce titre à quelqu’un qui nous suit mais qui n’est pas là et qui se reconnaitra.

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- Le concert a été filmé.

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- De la sortie, du bar intérieur et des vips qui attendaient et de la terrasse extérieure.

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- Des articles de presse dès le lendemain dans Le Parisien et dans Paris Match.

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- A lire sur Internet : un résumé du concert et des photos sur le blog Rocker Paris

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récit du concert
Par Ingrid le 05/11/2016

Trabendo The Place to BE

Quelques jours après Bercy nous voilà repartis en vadrouille pour le Trabendo, après avoir lutté sans vraiment de difficultés pour avoir des places pour le concert des Injoués. Bizarrement mon mari connecté depuis 9h15 sur GDP a juste fait un refresh à 10h00 – oui il n’a pas attendu le défilement de la barre d’attente – et hop 3 places dans le panier après une sueur froide car le paiement buggait ! Et 3 places en plus que ma nièce avait assurées de son côté… au cas où. Quelle chance. On a pu faire plaisir en redistribuant nos places. La belle affiche de MissTic donnait déjà envie, la promesse des titres non joués ou peu joués encore plus. Le community manager des Insus s’était même fendu d’un Tweet assez sec : @ Le but de ce concert est d’avant tout de jouer des « injoués », nous avons été clair lorsque nous l’avons annoncé ! Et quand j’ai vu apparaitre sur Facebook officiel des Insus le lien vers notre cher Locataires, vers la page que j’avais si soigneusement entretenue depuis quelques mois, la coupe de l’émotion était pleine !!! De très bons augures !!!

salle

En arrivant sur place à 18h30 pour rejoindre les copains, j’ai entendu « Sur la route » en électrique, yessss !!! Après un chassé-croisé dans la pente de la file d’attente (on nous a dit d’aller chercher nos bracelets puis arrivés tout en haut, finalement non vous redescendez tout en bas… euh oui mais bon on avait du coup perdu 20 minutes de queue dans l’histoire… On s’est remis à l’endroit exact où on était arrivés à 18h30. Non mais… quel souk !!! ;) Un copain avait une invitation… payante !!! (Elle est bien bonne celle-là ;-), t’es invité mais en fait non pas vraiment car tu payes ta place !!! … Bracelets et billets en poche (ouf), on est entrés dans la salle à 19h30, ça commençait à être bien plein. Notre copain a été dans la fosse parce que c’est là que ça transpire et c’est plus rock :-) Notre nièce étant plus petite on a été se percher à côté de la console. La meilleure solution possible, et encore elle n’a quasiment pas vu Jean-Louis vu que des grands trop grands ;) s’étaient perchés eux sur la première marche… pfffttttt ;) Par contre belle vue sur Louis (et sa crinière de lion blanc… de plus en plus fournie…), Richard et Aleks.

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On entendait toutes les préparations à la console (le numéro du canal pour la communication technique par exemple), j’ai entendu aussi lance la boucle ou un truc dans le genre… Du coup on a pas bien vu la nouvelle guitare de Jean-Louis par Sylvain (vu sur les photos ensuite), elle est belle tout blanche comme ça !

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Il y a tellement de choses à raconter. Je crois que j’en ai jamais eu autant à dire ;) Le concert était annoncé à 20h00, Jean-Louis a souvent dit qu’il n’aimait pas commencer les concerts en retard, à 20h16 on a entendu les premières phrases de « 1 homme + 1 homme » dans les enceintes une boucle de percus. Personne sur scène en tout cas, eux dans les coulisses lançant le morceau (on a été beaucoup à douter que c'était en direct, Jean-Louis aura le dernier mot sur son Facebook, c'était du live :) et puis à la fin « le train de 20h18 » était forcément en direct ! ;) Quand Jean-Louis est entré le premier en lançant le riff de « Sur la route » grosse émotion pour moi, je n’ai pas filmé ce moment-là, je savais que beaucoup allaient s’en occuper… (ou pas). J’adore cette chanson en électrique en plus, quelle version putain !!! ;) Jamais entendue en électrique pour ma part.

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Au fur et à mesure du concert qui avançait j’ai vu qu’ils avaient vraiment bossé sur les titres. Dans Paris Match, ils parlent d’une après-midi de 5 h, 2 jours avant, sans doute un cumul de beaucoup de choses, des titres répétés deci delà aux balances depuis 6 mois (celles auxquelles le public ne peut pas assister ;-), peut-être des discussions dans le car, des révisions des paroles pendant le trajet. Les démarrages de certaines chansons étaient parfois poussifs, Jean-Louis cherchait ses marques (mode diesel !) (Pourquoi n’essayes-tu pas, Ploum Ploum entre autres), mais une fois lancées c’était parti ! En tout cas Jean-Louis a beaucoup fermé les yeux, et il était souvent de profil en chantant, tourné vers Louis, très concentré pendant les titres (tu m’étonnes), il ne lâchait pas souvent le micro pour sauter partout (comme souvent), Louis restait aussi bien en place. J’ai adoré quand Jean-Louis a dit à Louis juste avant « Le garçon d’ascenseur », il faut que je m’applique ou un truc dans le genre… (pour les riffs) c’était mignon !

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Dès le 2ème titre « Prends ce que tu veux » une énigme du père Jean-Louis comme dans Fort Boyard est apparue… « Je dédie ce titre à quelqu’un qui nous suit mais qui n’est pas là et qui se reconnaitra », sur le moment j’ai cherché qui était ce quelqu’un qui n’était pas là, un fan ? Bof mais Louis a aussi rajouté « quelqu’un qui n’est pas là », quelqu’un qu’ils connaissaient tous les 2 donc… Et puis la nuit est passée, on a discuté avec les amis de Facebook, on est quelques uns à penser que ça pourrait être Corine (ou pas, c'est quand même très tiré par les cheveux :) !!! M'enfin le mystère reste entier ! C'est comme les paroles des chansons, tout le monde le prend pour soi...

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Puis en 3ème titre arriva la très rare « Ma guitare est une femme » whaouh, dès les premiers accords on avait reconnu nous ;) La force des bootlegs 1000 fois écoutés dans la voiture ;) Et il nous l’avait déjà jouée celle-là pendant la tournée acoustique… p’tain déjà presque 10 ans un tour sur moi-même ! (Et vu par Paris-Match ça donne : "Ma femme est une guitare") LOL


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Anna suivit, le titre préféré de Richard, sans plus, mais avec la petite blagounette du jour de JLA : « On n’est pas sortis de « l’aubert » mouais… ;+) En tout cas ça commençait Jean-Louis sortait de la setlist papier, et tant mieux ! (suite à une demande du public).

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Pour « Facile » Jean-Louis a sorti ses lunettes, pour lire son book (géré par Sylvain Coppin qui lui amenait au fur et à mesure les textes selon l’intro que Jean-Louis lançait), d’ailleurs c’est souvent Jean-Louis qui lançait les idées des chansons, le micro passage regarde-moi - ça passait pas - pour Louis (« Ca va faire trente ans que je ne l’ai même pas entendu moi » qu’il est con ce Louis !!! ;)) Louis lance les premiers accords de regarde-moi, ha ha !!! ;) Ils ont oublié de faire la fin « Pourquoi n’essayes tu pas » qu’ils avaient pourtant répétée… Ils parlaient souvent entre les morceaux. (Le prénom du bébé de Louis, le foot à la télé du soir et Louis dixit JLA qui aurait dû jouer dans Oasis car eux adorent le foot ;), la blagounette de JLA sur Houellebecq et ses dents, les coucous à des gens dans la salle, Richard qui improvise un début de solo juste à la fin. Le concert durait, tant mieux !!!

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Je milite fortement pour l’ajout définitif du « Garçon d’ascenseur » et de « Juste un autre genre » sur les derniers concerts. J’ai adoré !!!! ;) En tout cas « Juste un autre genre » un truc de dingue, on était en transe avec cette dernière, amené par Jean-Louis à tous sauter, ouais bah faut pas me le dire 2 fois ça ;-). J’ai REDECOUVERT un titre en live de Téléphone. Certains disaient que « Le bout du rouleau » c’était un titre de JLA et qu’ils ne la reprendraient pas. Oui c’est vrai, époque Bleu blanc vert, et souvenirs pour moi de ce morceau joué sur Virgin Radio en acoustique et de sa dédicace (hou là ça date !). Mais avec la 2ème guitare de Louis c’était très réussi, Richard s’occupant d’ambiancer le public comme d’habitude. Il manquait le 2ème titre pendant l’acoustique (Richard est parti dixit JL ?), « Quelqu’un va venir » présent sur la setlist papier, répétée mais pas joué au final.



Pendant le concert de temps en temps je jetais un œil sur la setlist que le gars avec Bob avait dans les mains, et plus il la regardait à la fin et plus je rigolais car Jean-Louis déviait… A un moment quelqu’un a gueulé « Maintenant y’a que Téléphone » ou un truc dans le genre, Jean-Louis a répondu « chut vous êtes fous on va avoir des ennuis » PTDR. Quand JL présentait Ex Robin des bois, comme une chanson très engagée, et Louis d’ajouter en douce elle tombe bien en ce moment : « la salope » (Qu’il est con ce Louis ! Bis !) Mais il nous fait bien rire, Ex-Robin des bois, j’ai pas arrêté de la réclamer pendant le concert, mais JLA suivait la setlist papier et comme elle était dessus il fallait attendre le bon moment :) C’était bon d’entendre « In Paris » pour de vrai ! (l’accent de JLA nous fera toujours rigoler). Et « Tu vas me manquer » est vraiment une très bonne chanson de fin.

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Tous les morceaux auraient carrément leur place dans le show. Jusqu’au bout ma voisine de droite espéra « La bombe humaine » et « Cendrillon », au point d’être la seule à la hurler dans la salle, je pensais aussi qu’ils nous sortiraient un tube, juste comme ça, mais non, rien, pas la queue d’un, INCROYABLE ! Pari tenu… 11 titres en plus ajoutés sur la page des titres joués sur locataires, quelle aubaine !!! ;-) C’était bien, si bien, un moment hors du temps qui n’arrivera plus jamais, un tel lâché prise, y’a pas à dire entre JLA qui manie la setlist à souhait, et Louis la guitare à merveille et l’humour à volonté, c’est magique ! Je ne sais pas si ça durera, peut-être faut-il laisser le temps à Louis de pouponner pour la suite ? Ou d'attendre un Parc des Princes peut-être ?

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Ca va vraiment être bizarre de revenir à des concerts standards. Mais comment va-t-on faire… ;) En tout cas j’aurais bien aimé leur dire merci pour ça, mais :
1 - On ne pouvait pas attendre après !
2 - De toute façon ça n’a jamais été ma tasse de thé d’attendre dans le froid des heures pour les voir 10 secondes et demi ;-)
3 - On avait pas d'after show. Quoi j'ai dit une connerie ? :-) (En même temps si tous les fans présents ce soir là avaient pu passer, ils n'auraient pas été sortis de l'Aubert... (ouais en fait elle est pourrie cette vanne d'Aubert ;)
On a pas pu dire au revoir à tous nos copains … mais on est rentrés l’esprit repu de pleins et de beaux souvenirs !


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Par une fan le 05/11/2016

Ce soir c’est mon dernier.

Parce que parfois la vie ne tourne pas comme vous pourriez l’espérer, et que le sentiment d’injustice et d’impuissance vous scotche…

Ce concert des Injoués, c’était MON concert ;-) Tous ces titres qui m’accompagnent depuis toujours, qui m’ont formée, forgée, éduquée, qui ont fait mon moi profond… Qui m’ont accompagnée dans les tristesses et dans les joies, qui m’ont aidée à rire, à pleurer, à aimer, à lâcher prise, à digérer, à continuer, à survivre, à vivre… Je les croisais parfois en live depuis toutes ces années, mais quelques perles restaient figées dans leur version album, malgré ma quête, les kilomètres parcourus et les concerts de chacun des 4, ensemble ou séparément…

Alors les injoués des Insus c’était le concert ultime !! Et les balances des Injoués le Saint-Graal !! Les voir hésiter, rechercher le titre, le retrouver, voir lequel des trois il attire et celui qui fait la grimace, voir quand Jean-Louis meuble en faisant ressortir l’idée derrière les mots, quand il a besoin de retourner aux paroles écrites pour retrouver la genèse : c’est tellement précieux pour moi ces moments là… J’ai tellement guetté, toujours, dans les balances, les concerts et les interview, les clés, les origines de ces titres… Je ne sais même pas expliquer pourquoi, sans doute parce qu’elles m’ont surprise souvent, à m’accompagner de façon différente suivant mon état d’esprit du moment, en prenant parfois une signification qui ne semblaient avoir aucun lien avec leur sens premier, qu’elles font partie de moi et qu’elles m’aident toujours d’une manière ou d’une autre, que je peux mieux me comprendre à travers elles…

Bref, pour moi c’était viscéral, je devais essayer... Je savais que je prenais un risque, un gros risque de ne pas rentrer, on me l’a assez répété ces dernières années, je ne suis personne, je ne suis rien, je ne suis qu’une fan parmi tous les autres (merci de vous appliquer à essayer de vomir le mot fan en le lisant, c’est comme cela qu’on me le dit ce mot dont j’étais fière et qu’on me lance comme une insulte), et la place du public est derrière la barrière, et encore plutôt vers le fond en ce qui me concerne, si c’est possible... J’ai appris à l’accepter, à reculer, toujours plus loin, à ne plus pouvoir dire bonjour ou au revoir, à disparaitre un peu plus chaque fois. J’ai appris à être invisible et à penser que c’était mieux ainsi.

J’ai longtemps cherché à comprendre ce que j’avais pu faire de mal, et je n’ai pas trouvé… Alors j’ai lâché prise, à plusieurs reprises, par bouts, mais c’était tellement contre nature, que je finissais toujours par être reprise par le « assumes, tu leur dois tant, si ils veulent que ça se passe comme ça, ben tu fais comme ils veulent, et avec le sourire… »
Et puis un jour j’ai trouvé : je ne pouvais pas arrêter pour moi, mais je pouvais arrêter pour eux ! Oui oui c’était un peu tordu, parce que c’était une façon de continuer : je faisais comme ils voulaient eux, ce n’était pas moi qui abandonnait… J’ai réussi à placer, un soir : « bon moi je veux être là, mais puisque c’est un problème, j’arrête, et si un jour tu veux que je sois là, ben tu fais signe… » Même moi, j’ai été étonnée par la force que m’a donnée cette logique… Efficacité à toute épreuve…

Pour le départ des Insus, c’était ingérable… J’avais compris depuis longtemps que je ne reverrais jamais Téléphone sur scène, alors j’avais conscience que 3 sur 4 était le plus qu’on pouvait avoir… Ca faisait une trop forte concentration de ce qui m’avait construite : 3 sur 4, les chansons, la voix, les guitares qui se répondent…

J’ai du mal à décrire l’effet que m’ont fait les premiers concerts après cette période de sevrage complet : Les chansons de Téléphone forcent Jean-Louis à remonter dans les aigus et à crier, tout ce que j’aime. Retrouver cette voix, c’était comme rentrer à la maison, prendre un bain de jouvence… Et puis être devant le fait avéré que sans cela je ne fais que survivre, que même si c’est anormal, mon lien à la vie c’est ca, les suivre et engranger le carburant qui me fait fonctionner… J’avais l’impression de me réveiller après un très long sommeil… Je vivais sur mes réserves le reste du temps, et elles étaient puissantes et riches ces réserves…

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Fallait que je reparte… Alors quand je dis repartir, c’est dans les conditions que l’on sait : les galères pour choper les places, les fausses places achetées au black, l’attente au bus pour négocier quelques invits, les concerts abandonnés parce que pas de sésame, les packs VIP à 200 euros pour 30 minutes de balance et parce que de toute manière tout le reste est épuisé… Et bien sûr, mon joli badge de personae non grata, qui ne doit surtout pas être privilégiée… Mais j’avais appris à vivre avec et en m’appliquant à ne pas y penser, ça ne me blessait même plus, seuls les concerts que je n’ai pas pu faire ont fait mal… Je ne suis rien ni personne mais contre quelques dollars je reprenais un peu de vie et d’énergie… alors je signe, je reste gagnante au final ;-)

Et là devant le Saint-Graal, je n’avais plus rien à perdre, je n’avais déjà plus rien : pourquoi tenter de disparaître encore plus quand on n’existe déjà pas… Cette première partie de tournée se termine, je n’aurais toujours pas le droit d’être présente sur la suite, donc plus rien à risquer de perdre…
Puisque pour moi c’était viscéral autant essayer… D’autant que j’étais toute seule, une seule personne à tenter les balances, les autres ayant choisi de prendre place dans les files d’attente pour pouvoir être devant. J’ai demandé donc. A tous ceux que j’ai vu passer et qui pouvaient agir. Ils ont dit qu’ils allaient voir… Ils ont vu : non, je n’avais pas à être aux balances… Je ne peux même pas le reprocher, ils ont le droit, c’est leur domaine, et pourquoi moi et pas les autres, on me l'a encore dit tout à l'heure…

Mais j’ai, malgré moi, été submergée par un sentiment d’injustice... 30 ans… j’ai senti remonter les questionnements sur mes mauvaises actions qui pourraient être à l’origine du fait que je sois à éviter à tout prix, même recroquevillée dans un coin de salle, de ce que j’avais pu faire de si affreux pour que ces balances des Injoués qui étaient si importantes pour moi me soient interdites… Je suis restée à tendre l’oreille, à l’arrière d’où l’on entendait le mieux, au hasard des ouvertures et des fermetures de la porte de la salle. Marchant quelques mètres pour avoir moins froid quand ca ne jouait pas… J’ai pu avoir quelques miettes malgré tout, mais aussi des frustrations quand les bruits autour couvraient des pans entiers de chansons que je ne pensais ne jamais entendre sur scène…
Un coup fil d’une petite fille qui a eu la note de 15 à la dictée que je lui avais fait réviser, me sort de ma torpeur… Elle m’appelle de l’autre bout de la France pour partager sa fierté, elle me fait chaud au cœur et me donne un peu de force. Je m’en fout que ça soit pendant Quelqu’un va venir, toute façon la porte est fermée je l’entends mal cette chanson que je pensais ne jamais entendre en live…

Je voulais arrêter là, après ces balances interdites… Mais c’est compliqué la vie des fans ;-) Y’a des gens qui vous attrapent une place quand vous n’en avez pas, mais qui doivent vous attendre pour récupérer le précieux bracelet… Y’a des gens qui sont devenus des amis qui viennent de loin et qui sont là ce soir et c’est un rendez-vous… Alors on fléchi et on se dit qu’après tout 2h30 de plus, ça ne changera pas grand chose, qu’en respirant un grand coup on arrivera bien à maintenir un sourire… On se raccroche aux bons souvenirs de la soirée de la tournée 3 quand la salle s'appellait le Hot Brass... On se motive en pensant que c’est une bonne manière de boucler la boucle le concert des Injoués…

Au début cela fonctionne plutôt bien… Des papotages devant l’entrée, un tour de la salle, des retrouvailles, je dois connaître 50% des gens présents, des anciens, des récents, des gens que j’adore d’autres qui me font un peu peur, des bises, une photo de la set liste papier avec les numéros de page de mon book… C’est curieux ce que je ressens pour ce book, c’est un peu comme une vengeance : un petit bout de moi qui, lui, peut encore être là, j’existe et je sers quand même, envers et contre tout, même si il n’y a que moi qui le sait...

Un homme + un homme : que du son… Live ? préenregistré ? Le son est un peu étouffé, je me pose la question, les paroles sont fidèles au texte d’origine « Le train de 20h18 est arrivé » : ah ben c’est en live donc ;-)
Je reste sur le côté de la scène quelques minutes, et les chansons arrivent, et elles n’ont rien perdues de leur pouvoir. Et on se dit que c’est le dernier, et ça vous gâche le plaisir, quelque part entre rage et effondrement. Sur la route… oui je l’ai prise la route : rien à foutre, vraiment plus rien… en déroute… Les larmes montent… ne pas gâcher ce moment à tout le monde, disparaitre encore un peu plus, un peu plus loin, un endroit non éclairé et loin des gens que je connais… Je le trouve, avec même une vue sur la scène à peu près correcte. « Celle là est dédiée à quelqu’un qui nous suit, mais qui n’est pas là, mais qui se reconnaitra ». Une seconde j’ai pensé que ca pouvait être moi… Prends ce tu veux, là où tu le peux… Mais ils se foutent de ma gueule en plus ? Non, calme, tu n’es rien ni personne, ils ont déjà oublié… (Le lendemain les autres fans se retrouvaient pour dire que ca devait être pour Corine…)
Ma guitare est une femme, l’inédit mythique… puis Anna… « La seule chanson que j’ai rêvée » : J’suis parti d’chez mes parents…
Facile (avec lunettes pour Jean-Louis) : Aïe, très particulière pour moi, je m’en serais bien passé ce soir… s’occuper l’esprit, sortir l’iPhone, filmer… « Qu’est-ce que je fous là »… Je tremble, pas moyen de stabiliser…
Un peu de ton amour… Depuis toujours je chante la basse quand j’entends cette chanson, la basse de la version du 45 tours live… Corine me manque sur tous les live depuis... Même quand c'était Daniel, et ce n'est pas peu dire pour moi… J’étais presque contente d’avoir raté les quelques concerts sur lesquels Les Insus l’ont jouée…

Ploum Ploum : Purée ca joue, ca donne. Je m’en veux tellement de ne pas arriver à profiter de ce concert… La set-liste idéale, une petite salle (le Trabendo a bien fait les choses, ils ont respecté une jauge agréable)… « Mets toi sur le côté et regarde nous jouer »… Elles sont tellement inscrites en moi ces chansons, que les larmes arrivent avant que les phrases ne soient dites… Le public réclame Regarde-moi… Louis précise qu’il ne l’a même pas entendu depuis 30 ans, ca va pas être possible…

Pourquoi n’essayes tu pas… Comment dire… « Pas la peine d’être fort mais tu dois essayer » : déjà ce ne sont pas les paroles d’origine, et en plus franchement vaut mieux être costaud quand tu te rétames… Fait chier avec ses paroles à 2 balles maintenant !!
Seul, Laisse tomber… Je me retrouve adolescente avec mon mal de vivre, ce sentiment d’être de trop qui ne m’a jamais vraiment quitté… ces 3 titres font partis de ceux qui m’ont le plus aidé à l’accepter et à le maitriser à l’époque… Je crois que je les ai usés… Ils ne peuvent rien pour moi ce soir… « Laisse tomber, l’amour aura raison de tout »… ou pas… Je n’arrive plus à respirer, ça doit être ça une crise d’angoisse… Aller chercher mes clopes, aller prendre l’air… Direction la terrasse… J’ai de nouveau une respiration plus normale, on y retourne. Les Ils et les Ons…

Le garçon d’ascenseur enfin ! Depuis Téléphone en 1984, jamais eu ce titre en live… Il me revient en mémoire, la tentative ratée à un concert de Louis à Vienne. Cyril et moi qui chacun de notre côté tenions la barre, avec Louis qui tentait de lire les paroles sur mes lèvres tandis que le batteur qui ne connaissait pas le titre jouait autre chose qui servait de base ;-)) Et du moment où même Cyril et moi étions perdus… Des bons souvenirs… Louis l’a révisée, enfin ! Ils l’ont faite 2 ou 3 fois aux balances… Je filme presque sans trembler pour fêter ca !
Installation de l’acoustique : Une personne crie « Plaisir d’amour » Jean-Louis en chante quelques phrases… Les techniciens remballent les tabourets « on va avoir l’air con »… Au bout du rouleau, les ciseaux : ca va pas le faire... un peu de vie tout au bout de la vie, si tu le dis… Quelqu’un va venir, passe à la trappe…
Retour à l'électrique : Ordinaire enfin ! J’adore ce titre et je n’avais pas réussi à choper de places sur les quelques concerts où ils l’ont joué…

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Louis qui signe un disque de Téléphone !

La Laisse, Jour contre jour, Ex Robin des bois, Serrez, Le temps, Les dunes, Juste un autre genre : je ne me souviens que de brides, je ne sais plus quelle phrase m’a fait déconnecter. J'errais entre la terrasse, la salle et ma place planquée non éclairée, pris quelques photos du public avec des points de vues différents, noté scrupuleusement la set-liste à chaque titre, consciente que je n’étais pas vraiment là et que je ne pourrais pas compter sur ma mémoire…
Je me souviens qu’à un moment je suis rentrée dans la salle après une clope et que Jean-Louis a dit « fumer ça aide à respirer », vous savez les coïncidences bizarres, qui suivant les moments vous font rire ou penser que vous êtes maudits… Ce soir c’était comme si il me conseillait de re-sortir, j’ai obéi comme toujours, j’ai repris la direction de la terrasse pour en fumer une deuxième…
Je me souviens d’entendre la voix de Jean-Louis qui hurle Serrez, exactement comme je l’aime tant, à fond et dans les aigus… Et des guitares qui se répondent…
Je me souviens de Lambert aussi, qui me dit « tu passes devant moi comme une princesse », je ne l’avais même pas vu… « Comment vas tu ? » Bien… « Si tu vas bien pourquoi tu pleures ? » Mince, j’ai senti les larmes que je ne ressentais pas, forcément j’avais pas dû être très crédible… On a discuté un peu, j’ai raconté vite fait ma défaite devant le Saint-Graal, et mon sentiment d’injustice et d’épuisement, de ma perte d’espoir… Il a gentiment écouté et compatit, sans montrer qu’il devait regretter sa question… Je l’ai sans doute profondément saoulé, et j’en suis désolée, mais ça m’a fait du bien d’évacuer un peu… Mettre des mots sur les sentiments aide peut-être à en sortir…

J’ai assez repris mes esprits pour chercher à savoir si pour Electric-cité Jean-Louis était à la guitare ou à la basse… Guitare… Je me demandais si depuis Téléphone il l’avait déjà rejouée en prenant la basse comme à l’époque… Tout en me demandant pourquoi ces détails avaient tant d’importance pour moi, ce que je ne m’explique jamais… In Paris puis sortie de scène.

Le retour avec presque un solo de Richard ;-) Ca me fait toujours rire cette histoire de solo qu’il ne fait jamais ou juste en mime… Mais malgré tout, j’en ai vu 1, un jour, et qui était très réussi d’ailleurs ! Puis Tu vas me manquer. La dernière chanson du dernier concert donc… Ne pas se laisser submerger, les lumières vont se rallumer… Faire abstraction des paroles et de ma tristesse… Je sais que tous ces fans, que je croise pour certains depuis 20 ans, dont certains sont maintenant devenus des amis que j’aime, d’autres des connaissances que j’adore croiser de temps en temps, seront tous enchantés de leur soirée, et ils ont raison, c’était vraiment un chouette moment avec une set-liste rêvée dans un endroit sympa, un bon son, la pèche, l’énergie et la prise de risque sur scène comme on l’aime tant et qui parfois semble s’éloigner… Bref le rêve pour les FANS (merci de vous appliquer à mettre dans ce mot tout l’amour et l’émerveillement dont vous êtes capable, parce que c’est comme cela que moi je l’ai vécu toutes ces années).

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Et cette fin de soirée c’est finalement bien passée, tous ces visages heureux m’ont permis d’oublier, du moins sur le moment. Je me suis fait presque plaisir à prendre des photos de tous les gens regroupés au bar qui avaient un pass. J’en connaissais certains et j’étais contente pour eux. Ils étaient tellement nombreux ces gens qui eux avaient le droit d’être là, que c’était presque une consolation du fait que moi je n’y avais pas droit. Ils n’auront pas réussi à m’enlever cela : l’amour ca se partage, quand on aime vraiment on ne développe pas de jalousie mal placée. C’est parfois compliqué de ne pas se laisser embarquer dans les aigreurs, l’important est de ne pas les retourner vers les autres, j’aurais au moins réussi ca… C’est bien en dernière photo !

On s’est retrouvé à quelques uns dans un restau un peu plus loin, rejoints, un peu plus tard, par d’autres qui espéraient faire un bisou aux vedettes, mais qui n’ont pas pu les voir parce qu’on les a fait sortir par une autre porte… On s’est rappelé les bons moments, on s’est félicité de ce concert, et on s’est redit que malgré tout être fan était une richesse… Que votre route soit belle, les damnés ;-). Moi je vais continuer la mienne comme mes idoles le souhaitent : sans être là, invisible et inexistante…

Je suis rentrée chez moi, j’ai supprimé quelques traces récentes de mon existence sur les Facebook, j’ai annulé les hôtels réservés sur la suite de la tournée, non remboursables pour la plupart, notamment celui qui tombait le jour de mon anniversaire... vérifié si mes billets de train étaient remboursables (et non, bien sûr c’est des prems), proposé mes places des concerts à venir à qui en voulait, remis ma carapace « quand ils voudront que tu sois là, ils te le diront », me suis rebranchée sur reserves et me suis mise au lit parce que demain je bosse !
Le lendemain de mon anniversaire, dans ma ville, ce sera le dernier concert annoncé des Insus, qui tombe le jour des 40 ans de la première scène de Téléphone… Je vais me consoler en me disant que nous serons au moins deux à ne pas être à ce concert anniversaire : Corine et moi… Je serais quand même en bonne compagnie ;-)
La vie peut me faire toutes les vacheries qu’elle veut, elle n’arrivera pas à me faire renier Téléphone !